« Les fonctionnaires réclament une commission d’enquête sur les TI », ridicule

Un article du journal « Les affaires » m’a bien fait sourire : « Les fonctionnaires réclament une commission d’enquête sur les TI« . Le syndicat voudrait que le mandat de la commission Charbonneau soit étendu à l’attribution des contrats en technologies de l’information. Le plus drôle est les raisons énoncées qui n’ont pas grand-chose à voir avec de la corruption ou de la collusion, mais qui montrent simplement un gros problème de gestion de la part du gouvernement.

Les points qui ennuient le syndicat :

  1. Seules trois firmes se partagent 80% des contrats
  2. Tout comme en construction, le gouvernement a perdu l’expertise interne
  3. Du personnel des entreprises privées est payé le double du salaire des employés permanent incluant les avantages sociaux
  4. Les dépassements de coûts sont fréquents

Les raisons des problèmes sont parfois énoncées par ce même syndicat et qui montrent que ce n’est pas un problème de corruption. Par exemple, il dit à propos du point 1 que les systèmes demandés sont très gros et que c’est normal que seules les grandes firmes peuvent y soumissionner. Il n’y a pas tant que ça de grandes entreprises et elles sont aussi occupées à faire d’autres contrats qui peuvent être plus lucratifs que des mandats à plus basses soumissions. Sur le marché des TI, il y a une grande demande en personnel, alors c’est normal qu’il n’est pas possible de toujours soumissionner sur tous les projets du gouvernement. De plus, les entreprises privées sont plus enclin de payer plus cher une entreprise qu’elle sait comme étant meilleure pour ne pas avoir de problème de livraisons, ce que le gouvernement ne tient pas compte en demandant le plus bas prix. La solution pour avoir plus de participants est pourtant simple : scinder les systèmes en plus petits systèmes pour que les petites et moyennes entreprises puissent participer à la réussite des projets gouvernementaux.

Pour les problèmes 2 et 3, il est tout à fait normal qu’il y a une perte d’expertise. Quand je me cherchais du travail, j’ai regardé du côté du public et tout ce que j’ai trouvé c’était des postes au salaire de stagiaires! Comment le gouvernement peut-il penser trouver de l’expertise avec ce genre de compensation financière? Ceux qui répondent présent doivent être très patriotique ou prêts à offrir de la qualité étudiante. Il suffit de rémunérer les professionnels à leur juste valeur pour les inciter à venir travailler pour lui. Puis quand je dis que c’est de la qualité étudiante, ce n’est pas une blague puisque je connais des gens qui travaillent pour le gouvernement et qui me racontent souvent qu’ils ne peuvent pas avoir du support pour leurs besoins de bases en techniciens. Quand ils demandent de l’aide pour des logiciels installés ou des imprimantes qui ne répondent pas, souvent ils se font répondre par leur service informatique qu’il ne peut rien faire ou qu’il ne comprend pas le message d’erreur. (Ces personnes sont payés pour ne pas assister les gens…)

Le dernier point n’est pas spécifique au gouvernement. Les dépassements de coûts sont fréquents dans tous les projets informatiques et la raison la plus courante est que l’étendu des fonctionnalités grossi toujours à la demande du client. Si le projet initial comprend 100 fonctionnalités et que durant le projet le client, qui est le gouvernement dans ce cas, se rend compte qu’il a oublié ou qu’il aimerait ajouter 100 autres fonctionnalités, il est tout à fait normal que le budget initial soit tout aussi doublé. Une façon de contrer ces oublis est de prendre le temps de bien définir le projet dès le départ et dans le cas des gros systèmes, les scinder en plusieurs plus petits peut aider à ne rien oublier. Alors, en plus de permettre à de plus petites entreprises de répondre présent aux soumissions, scinder les projets pourrait aider à mieux cerner la portée des projets et mieux gérer les coûts.

Pour réussir à redresser la situation des TI au gouvernement, il faudrait que ce dernier soit prêt à payer de bons gestionnaires et professionnels en informatique leur salaire dû. Cela serait un incitatif à avoir ce que les entreprises privées cherchent toujours : « les talents ». En plus de permettre de mieux gérer la sous-traitance, avoir de bons employés bien payés pourrait permettre au gouvernement de réaliser plus de projets à l’interne et d’ainsi pouvoir réinvestir tous les profits dans d’autres projets ou d’autres mandats du gouvernement.